LA PERCEPTION DES FEMMES DANS LA PRESSE FRANÇAISE

En l’honneur de la Journée Internationale des Droits des Femmes, Tagaday a dévoilé les derniers chiffres de son baromètre sur la condition des femmes dans la presse française. 

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Le 8 mars est une date pour faire le bilan des droits acquis, des combats menés et ceux qui sont évidemment toujours en cours. En ce sens, Tagaday (ex-Press’edd) a mené une enquête sur une période allant du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2019, en prenant en compte l’occurrence de mots-clés et expressions associés à la condition des femmes. Cinq années qui permettent d’évaluer la place des femmes dans les médias et la perception qu’on a d’elles. 

La progression du terme « féminicide »

Prononcé en 1976 pour la première fois par la sociologue américaine Diana E. H. Russel, le féminicide est au cœur des débats aujourd’hui. Emmanuel Macron avait même employé le terme dans un discours aux Nations unies, en septembre 2019, pour « donner un statut juridique à ce sujet ». Récemment, la question était de savoir si le terme « féminicide » pouvait être introduit dans le Code pénal. Or, cette démarche a été jugée « inutile » du fait d’une définition trop floue. Rappelons que l’an dernier 150 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint.

Dans son baromètre, Tagaday relaye le nombre de citations de termes spécifiques dans la presse française :  féminicide, violences faites aux femmes, droits des femmes, place des femmes au travail, etc. Alors que l’usage du terme « violences faîtes aux femmes » est légèrement en baisse (-3%), celui de « féminicide » est en très forte progression. Ainsi, on est passé de 1 652 citations en 2018 à 14 514 en 2019, avec une progression de 779%. En cause, la révélation de l’affaire Weinstein en 2017 et le mouvement #Metoo, un an après.

La forte mobilisation des femmes l’an dernier a permis à ces dernières une plus grande visibilité dans les médias. Mais ce n’est que le début.

Baromètre réalisé par Tagaday

Un sexisme bien marqué

D’après la loi du 22 décembre 1972, « Tout employeur est tenu d’assurer, pour un même travail ou pour un travail de valeur égale, l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes ». Pourtant, l’égalité parait si loin quand on sait que les femmes n’occupent qu’environ 16% du total des occurrences – soit 8% de plus par rapport à 2018.

Si les femmes sont toujours au cœur de l’actualité aujourd’hui, c’est surtout à cause des violences faites à leur encontre. Près de 49 % d’entre elles sont abordées sous le prisme des violences sexuelles ou sexistes. L’actualité de ces dernières semaines en est la preuve : la nomination de Roman Polanski pour le César de la Meilleure Réalisation, le discours poignant d’Aïssa Maïga dénonçant les vices du cinéma français, les témoignages de victimes de violences avec les hashtags #JeSuisVictime et #JAiPasDitOui, etc.

Le 8 mars est une date dédiée aux droits des femmes, mais celles-ci se battent toutes l’année pour les faire valoir.

Article de Sofia Rogozarski

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